La Paracha en 60 secondes : Pékoudé (Binyamin Benhamou)

Le Tabernacle est édifié. Grâce à la générosité de tout le peuple, les matériaux offerts ont excédé largement les besoins et Moïse s’est même trouvé dans l’obligation, à un moment donné, de demander aux enfants d’Israël de cesser leurs offrandes.

C’est avec joie et de bon cœur que nos ancêtres s’étaient dessaisis de leurs trésors pour que le Tabernacle fût digne de l’Eternel qui devait y demeurer et qu’ils voulaient ainsi honorer de tout leur être.


Au moment où s’achèvent les travaux, nous voyons Moïse faire ici, en détail, les comptes de l’or, l’argent, le cuivre, les étoffes précieuses, etc., utilisés aussi bien pour le Tabernacle que pour les ustensiles et les ornements sacrés.

Vayakèl-Pékoudé : le Michkan, microcosme de l’univers (Rav Bensimon)

Ces comptes, personne ne les lui avait demandés, ni Dieu, ni les enfants d’Israël. On lui faisait toute confiance pour l’administration de ces dons. Et pourtant Moïse a tenu à ce que tout un chacun sache comment les matériaux précieux avaient été utilisés et que personne ne puisse avoir le moindre soupçon à son égard. Aussi n’a-t-il d’ailleurs pas fait les comptes lui-même mais il a chargé Itamar, le fils d’Aaron, d’en effectuer le contrôle et d’en publier les résultats.


En agissant de la sorte, Moïse voulait, selon une expression de nos Sages, être quitte envers Dieu et envers les hommes

Non seulement envers Dieu qui sait tout et n’a donc pas besoin qu’on lui fasse des comptes ; mais encore envers tout le peuple, qui, lui, avait besoin de connaître clairement et sans hésitation aucune l’utilisation des dons qu’il avait offerts à l’Eternel. C’est seulement après avoir obtenu le  » quitus  » de la part du peuple tout comme il l’avait déjà de la part de Dieu que Moïse pouvait juger avoir honnêtement géré les fonds publics.


Trop souvent on a tendance à considérer que, Dieu étant témoin de notre honnêteté, on peut traiter par le mépris les soupçons qui pourraient s’élever dans l’esprit des hommes concernant notre gestion. En réalité, il est indispensable que nous fassions, tout comme Moïse, le nécessaire pour que notre prochain puisse, à l’instar de Dieu, approuver sans hésitation notre action.

UNE QUESTION SUR LA PARACHA

La paracha Pékoudé conclut le ‘Houmach Chémot et plus particulièrement les parachiot décrivant la construction du Sanctuaire (le Michkan). Elle s’appelle Pékoudé au nom du décompte des matériaux offerts par le Am Israël. En effet, le Midrash raconte que les Bné Israël suspectèrent Moché Rabénou d’avoir détourné une partie des dons récoltés pour le Sanctuaire. Ils s’exprimèrent ainsi : « Comment l’homme qui fut responsable de ramasser l’or, l’argent, le cuivre, les pierres précieuses, les peaux … peut-il ne pas s’enrichir ? ». Il a surement dû ouvrir un compte en Suisse ou investir dans l’immobilier !

Pour se laver de tout soupçon, Moché Rabénou commença à énumérer le détail de tous les dons ainsi que l’utilisation qu’il en a faite pour la fabrication de chaque ustensile du Michkan !

Comment les Bné Israël ont-ils pu soupçonner le père de tous les prophètes, qui parlait en tête-à-tête avec Hakadosh Baroukh Hou, celui qu’Hachem Lui-même surnomma « nééman – digne de confiance » !?

On trouve la réponse dans le Midrash lui-même ! « Comment l’homme qui fut responsable de ramasser l’or, l’argent, le cuivre, les pierres précieuses, les peaux … peut-il ne pas s’enrichir ? », c’est-à-dire que leur étonnement prouva qu’ils auraient agi ainsi s’ils avaient été à la place de Moché Rabénou ! En constatant qu’il n’avait rien pris, ils furent surpris !

Ceci vient corréler l’enseignement de nos Sages « כל הפוסל, במומו פוסל » selon lequel les défauts que l’on constate chez son prochain sont en fait la réflexion de nos propres défauts, puisque nous avons tendance à chercher chez l’autre ses mauvais points. Qu’est qu’un mauvais point ? Comment le reconnaître ? Tout simplement suivant notre propre expérience personnelle !

Ainsi, les remontrances et les exigences que nous imposons à notre entourage doivent être relativisées et complètement annulées, en constatant que nous devons d’abord corriger chez nous ce mauvais trait de caractère. Une fois notre introspection terminée, nous arrêterons par nous-même de voir le mal chez notre prochain.