Tout dans le cérémonial de cette fête ramenait à ce souhait de bonheur, de bonne année : la table était magnifiquement dressée en cette nuitée de la Mimouna avec ses mets uniquement sucrés ou doux. On y retrouvait le zaban sorte de nougat, la mrozya plats de raisins secs et amandes…on y mettait aussi un poisson entier symbole de l abondance, des fèves, des pièces de monnaie sur une assiette de farine.

On y retrouvait donc la Moufleta sorte de crêpe, du beurre, du lait caille, des épis de blé, des fleurs… Très souvent toutes ces denrées étaient offertes par des amis marocains musulmans, car les juifs vivaient en étroite symbiose avec leurs voisins musulmans au Maroc.

On se souhaitait le fameux TERBHOU OUTSAADOU.,soit fortune et bonheur. Il était de coutume durant cette soirée d’ouvrir largement sa maison et son coeur à tout venant, mais d’abord aux membres de sa famille et à ses amis proches.

C’était un ballet ininterrompu de visites mutuelles et les Mellahs étaient en liesse pour cette nuit longue et pleine d’allégresse.

Il y avait aussi une coutume, celle de tremper ses doigts dans les bols de lait pour marquer le passage de la mer Rouge.

C’était l’occasion pour plusieurs de préparer des fiançailles et des mariages…et il était d’usage que le fiance porte du miel, du beurre, du lait, des bijoux et des cadeaux à la jeune fille.

Dans son ouvrage L’esprit du Mellah JOSEPH TOLEDANO poursuit en disant que la Mimouna était la seule fête durant laquelle le voisin musulman jouait un rôle indispensable. Non seulement il offrait et approvisionnait les juifs en hamets mais il permettait aux juifs d’aller pique-niquer dans son champ le lendemain.

Les juifs se retrouvaient le lendemain de la Mimouna près des sources d’eau et les Arabes y voyaient un signe de bénédiction pour leurs prochaines récoltes.

Les familles juives se rendaient sur un bras de mer alors que dans les villes de l’intérieur le pique- nique se faisait près d’une source ou d’un lac.

Cette célébration de la Mimouna est devenue une fête nationale en Israël sous l’influence des juifs d’origine marocaine qui constituent près d’un million d’habitants. Il y a eu reconnaissance officielle des autorités israéliennes. Et la journée est fériée comme fête nationale.