Un jour de fête,1 il est interdit d’accomplir tout acte en préparation du jour suivant,2 même si celui-ci est Chabbat. Toutefois, les Sages ont créé un dispositif halakhique, appelé érouv tavchiline, qui autorise une personne à cuire un jour de fête de la nourriture destinée à être consommée le Chabbat qui le suit immédiatement.

Si un jour de fête – que ce soit le premier ou le second jour de la fête – tombe un vendredi, un érouv tavchiline est préparé et mis de côté le jour qui précède la fête (mercredi ou jeudi après-midi), de sorte qu’il nous sera permis de préparer la nourriture du Chabbat (ce qui inclut l’action de cuire et toutes les autres actions3 nécessaires à sa préparation) pendant la fête. Un seul érouv est requis par foyer.

Ce érouv consiste en une ‘hallah ou une matsa, et un aliment cuit, tel que de la viande, du poisson ou un œuf dur non pelé.

Prenez ces aliments (c’est une bonne idée de les envelopper dans du papier aluminium ou un autre emballage distinctif, pour les distinguer facilement du reste des aliments) et donnez-les à une autre personne (si possible à une personne qui ne fait pas partie de votre foyer), et dites :

Ani mézaké lekhol mi chérotsé lizkoth velismokh al érouv zé.

Je fais présentement prendre part à ce érouv toute personne qui désire en être partenaire et s’y associer.

La personne à qui le érouv a été remis le soulève d’une largeur de main puis le rend à la personne qui effectue le érouv, qui récite alors ce qui suit :

Baroukh Ata Ado-naï E-lohénou Melekh haolam, achère kidéchanou bémitsvotav vétsivanou al mitsvat érouv.

Bédeine yehé chara lana laafouyé oulevachoulé ouleatmouné ouleadlouké chraga ouletakana ouleméévad kol tsarkhana miyoma tava leChabbata, lana oulekhol Yisraël hadarim ba-ir hazoth.

Béni sois-Tu, Éternel notre D.ieu, Roi de l’univers, qui nous a sanctifiés par Ses commandements et nous a ordonné la mitsvah du érouv.

Par cela il nous sera permis de mettre au four, de cuire et de garder au chaud, d’allumer une bougie,4 de préparer, de confectionner, le jour de la fête, tout ce qui nous est nécessaire pour le Chabbat – à nous et à tous les Israélites qui demeurent dans cette ville.

Le érouv est mis de côté jusqu’à Chabbat et sera consommé en ce jour. Dans de nombreuses communautés, il est de coutume d’utiliser la ‘hallah ou la matsa du érouv pour la bénédiction sur le pain du repas de Chabbat.5

Remarques importantes :

  • Le érouv tavchiline autorise à préparer de la nourriture à la condition qu’après cette préparation il reste suffisamment de temps pour la consommer théoriquement avant le coucher du soleil (si une cohorte d’invités débarquait chez vous, par exemple). C’est un important détail à avoir en tête lorsqu’il s’agit de préparer dafina et autre tchoulent qui demeurent sur le feu jusqu’au lendemain matin.
  • Le érouv tavchiline autorise seulement à cuisiner du vendredi pour le Chabbat. Il ne permet pas de cuisiner d’un jour de la fête pour le suivant (c’est-à-dire le jeudi pour le vendredi).
  • Les jours de fête, il est seulement permis de cuisiner à partir d’une flamme préexistante, allumée depuis avant l’entrée de la fête. (Il n’est pas permis d’allumer une plaque électrique.)